Un agenda pour prendre soin de soi

Pour la plupart d’entre nous, septembre annonce la fin des vacances estivales, la rentrée des classes et le retour au travail. La notion du temps devient soudainement précieuse. Les rencontres professionnelles, les activités parascolaires des enfants, les rendez-vous avec le dentiste ou le coiffeur et les 5 à 7 furtifs avec les amis se côtoient dans un horaire chargé qui laisse peu de place pour une rencontre avec soi. Une rencontre pour prendre soin de soi.

Savez-vous [] que le mot « travail » est issu du latin populaire « tripaliare » qui signifie « tourmenter, torturer » (Wikipédia)? Dans un contexte où nous avons la sensation de vivre en accéléré et d’être enseveli par les tâches et les activités, il est vrai que le travail peut devenir un fardeau, un amalgame d’obligations et de responsabilités, dans lequel nous ne pouvons en aucun cas nous accomplir et encore moins nous épanouir.

Prenons le temps d’analyser notre horaire. Les agendas électroniques nous permettent en une fraction de seconde de reconnaître la nature et les objectifs des réunions, des rencontres ou des éléments ajoutés. Nous constatons rapidement que le segment consacré à la vie professionnelle est prédominant. Il semble par ailleurs évident que si nous voulons créer une nouvelle structure au sein de notre organisation ou préparer une formation, nous y consacrons du temps et nous sommes au « rendez-vous ». Combien de temps avons-nous alloué à des moments pour soi, pour nourrir nos passions, prendre soin de soi ou être simplement dans le silence avec soi? Comment pouvons-nous souhaiter si intensément le bonheur, la santé et la sérénité sans prendre le temps de nous « pratiquer »? On croit souvent que la paix va se déposer dans notre vie comme par magie! Alors qu’elle demande une présence attentive à nos besoins physiques, aux sensations qui animent le corps et aux émotions, pensées et croyances, qui fourmillent dans notre mental, voilant souvent la vision et la direction que nous souhaitons donner à notre vie.

La rencontre avec soi est un apprentissage, une pratique qui demande avant tout de se choisir. Consacrer du temps pour prendre soin du corps et de notre espace intérieur, permet de porter un regard différent sur soi et les expériences qui tissent notre chemin de vie. Nous ne cherchons plus les réponses à l’extérieur de soi et nous ne comptons plus seulement sur notre réalisation professionnelle pour trouver la plénitude intérieure. Le travail devient alors un élément de notre jardin qui participe à embellir notre espace de vie et à nourrir notre quête de sens. Nous avons alors plus de discernement. La performance, les déceptions et les frustrations laissent en douceur la place au plaisir, à l’écoute, au respect et au partage. Quel bonheur d’arriver le matin plein d’énergie, confiant et souriant pour participer à la réalisation d’une mission en étant présent et conscient que nos actions contribuent au bien-être d’un individu, d’une communauté et aussi à notre épanouissement personnel. Nous sommes alors au service des autres en étant au service de soi et vice-versa.

Notre agenda porte une partie de notre histoire. Il raconte l’œuvre de notre vie. Que souhaitez-vous y retrouver? L’expression « faire, avoir, être » régit la plupart des horaires. Accomplir des actions, obtenir des résultats et des solutions en espérant un jour être heureux. Il serait plus juste d’être présent à soi, d’accomplir des actions en harmonie avec nos intentions, pour participer à des réalisations tout en se réalisant soi-même. Nous ne sommes pas tous promus pour aller sur la Lune, obtenir un prix Nobel ou être un athlète olympique. Ce sont bien sûr de grandes réalisations. Il est cependant essentiel de prendre conscience que la plus grande réalisation est de se permettre d’être soi, simple, intègre et authentique. C’est une œuvre qui est à la portée de tous, si nous choisissons d’être présent et disponible pour être à l’écoute des besoins du corps et de l’esprit.

Comme nous avons souvent de belles intentions et que nous oublions de passer à l’action pour les cultiver et leur donner vie, voici l’agenda pour prendre soin de soi! Vous y trouverez les piliers de la santé intégrative et holistique permettant d’être présent à l’être dans sa globalité. L’équilibre du corps s’unifie alors à l’harmonie de l’esprit. Soyez constant, bienveillant et patient. C’est en forgeant qu’on devient forgeron!

Télécharger l’agenda ici (format pdf)

Imane Lahlou
Directrice, Expérience santé globale

Sujets: Santé Globale

Portrait d’une ambassadrice: Anne-Marie Boissonnault

Le Cercle des ambassadrices du Monastère des Augustines est un réseau de femmes accomplies qui désirent contribuer à assurer la pérennité et la mise en valeur du patrimoine des Augustines, soutenir la mission sociale de mieux-être des individus, et faire rayonner l’offre du Monastère auprès des membres de leur entourage.

Ce mois-ci, nous vous présentons le portrait d’Anne-Marie Boissonnault, fondatrice de Maison 1608 (anciennement YQB Média).

Quel est votre parcours personnel et professionnel?  

J’ai souvent préféré les chemins les moins fréquentés. À la suite de mon baccalauréat en communication et en sciences politiques, je voulais faire une maîtrise sans imposer des frais supplémentaires à mes parents. J’ai épluché un immense livre sur les prêts et bourses d’études à la bibliothèque (Eh oui! C’était juste avant l’arrivée d’Internet) de l’Université de Montréal. J’y ai trouvé une bourse d’études offerte par le ministère de la Défense nationale. J’ai soumis mon projet de maîtrise et j’ai obtenu la bourse deux ans de suite, me permettant de continuer à étudier. Cette histoire illustre bien qu’il y a toujours moyen d’obtenir ce que nous souhaitons et qu’en prenant des moyens extraordinaires, nous pouvons avoir des résultats imprévisibles! En faisant preuve d’audace, il nous arrive des choses audacieuses.

Depuis mon jeune âge, j’utilisais l’argent de mes paies pour m’acheter des magazines. Après ma graduation, j’ai été recrutée par l’agence de publicité Bleublancrouge. Puis, j’ai eu l’occasion de joindre le fondateur de SkiPresse pour développer son magazine. On a bâti ensemble l’entreprise, et nous sommes passés de 2 à 25 employés. Le ski m’a apporté beaucoup : les voyages et … l’amour! J’ai rencontré mon mari en ski à Bromont. J’habitais Montréal, lui Québec, on a choisi Québec. J’ai donné naissance à notre fils, Ari, qui a aujourd’hui 12 ans, et malgré que nous habitions Québec, je poursuivais ma carrière chez SkiPresse à Montréal. Je voyageais beaucoup, et beaucoup à l’étranger, et c’était devenu compliqué. Je suis allée voir une chasseuse de tête pour me trouver un boulot à Québec. Elle m’a fait comprendre que j’avais tout intérêt à exploiter ma nature entrepreneuriale. Malgré ma résistance – et mes craintes – je me suis lancée en affaires.

J’ai fondé YQB Média en 2008. Je souhaitais offrir mon expertise en édition de magazines aux marques québécoises. Nous étions en quelque sorte des précurseurs en marketing de contenu, qui est devenu la norme aujourd’hui.

Mon entreprise a grandi rapidement. Mais même si la business me passionnait, je vivais un grand manque : un deuxième enfant. Puis en 2014, ma fille est née alors que j’avais 44 ans. Je sais combien la maternité après un certain âge – et pour une femme en affaires – peut faire peur et je tiens à dire que c’est tout à fait possible. J’en suis la preuve vivante!

En 2016, j’ai accepté une offre d’achat de Solisco, un imprimeur majeur au Canada, et YQB Média est devenue MAISON 1608 par Solisco. J’agis maintenant à titre de vice-présidente, design et contenu, de Solisco tout en dirigeant la croissance de MAISON 1608.

Qu’est-ce qui vous touche dans l’offre du Monastère et qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir ambassadrice?

J’ai toujours été très inspirée par l’implication de mon amie Dominique Laflamme et par la philanthropie de la famille Price. Je suis entourée de gens généreux qui n’hésitent pas à donner au suivant. Lorsque Dominique m’a proposé de devenir ambassadrice, j’ai décidé qu’il était temps de faire un chèque! J’ai toujours donné du temps et de l’énergie à des causes, mais faire un chèque, c’est autre chose. Je remercie Dominique de m’avoir aidée à faire ce pas. Je me souviens d’avoir ressenti une grande fierté, de me dire : « tu es rendue là ma fille, bravo! ». Et comme je suis très « girl power », soutenir le Monastère et le legs de la communauté des Augustines est en lien avec mes valeurs. La communauté des Augustines – avec celle des Ursulines – est fondatrice de notre pays; elles ont bâti la colonie et pris soin de notre peuple pendant près de 400 ans. Qu’elles lèguent leur patrimoine matériel et immatériel de leur vivant, c’est un don inestimable pour notre mémoire collective. Et ça rappelle combien les femmes ont été des actrices importantes de notre histoire.

Qu’est-ce que c’est pour vous le don et la philanthropie?

C’est donner au suivant. Prendre soin de l’autre, qu’on le connaisse ou non. Ma mère est très généreuse et m’a toujours montré l’exemple. Il y a plusieurs façons de donner et d’exprimer sa générosité : l’écoute, l’amour, le partage, la compassion et aussi le soutien financier. Ma philanthropie passe par l’influence et d’autres fois, par la contribution financière.

Quelle est votre implication philanthropique?

Je soutiens principalement les causes qui viennent en aide aux femmes et aux enfants et je tente de m’impliquer à la hauteur de mes capacités. J’ai soutenu le Pignon Bleu à titre de vice–présidente d’honneur (avec Ross Gaudreault) de la soirée de célébration des 30 ans du Café du Monde au profit de l’organisme. Je suis ambassadrice de la Fondation Lise Watier et j’ai été impliquée sur le CA de la Fondation Épiderma. Je suis également présidente du conseil d’administration de la Société des communicateurs de Québec (SOCOM) et siège au conseil d’administration du Pôle culturel du Monastère des Ursulines.

De plus, à chaque numéro du 1608, nous mettons de l’avant une cause de Québec. Nous avons déjà mis en lumière plus de 16 organismes et causes qui font la différence.

Quel a été le moment le plus marquant de votre vie?

Hmmm. La mort de ma meilleure amie Marie-Soleil Tougas à l’âge de 27 ans, dans un accident d’avion. Ça a fait 20 ans en août. C’était une fille intelligente et sensible, fonceuse et déterminée. Lorsqu’elle est décédée, j’ai pris conscience de la fragilité de la vie et ressenti un sentiment d’urgence. Ça a été une onde de choc terrible, mais j’ai décidé de tout tenter pour vivre la vie de mes rêves. Je sens qu’elle m’accompagne telle une étoile dans ma vie. Le second événement marquant, c’est d’avoir rencontré mon mari Simon. Il est aussi très intelligent et sensible, et sa confiance en lui, en moi et en nous m’a permis de dévoiler mon plein potentiel. Il m’a permis d’atteindre le but le plus important : une famille unie et heureuse.

Qu’est-ce qui vous passionne?

Tout! Je suis passionnée du beau, de l’esthétisme, de l’élégance et du raffinement. Bien que je sois très urbaine, la nature m’inspire beaucoup. La beauté dans la nature est inatteignable. Je suis passionnée de déco, d’études, de fleurs, de sports, de musique, de mode. Je suis très inspirée par les jeunes, dont mes enfants et mes jeunes collègues. Les millénaires que je côtoie sont impressionnants. Les voyages sont une de mes plus grandes passions et sources d’inspiration. J’ajouterais aussi que je suis passionnée et inspirée par le « girl power ». Les femmes fortes m’ont toujours inspirée.

Si vous pouviez retourner dans le passé, quel message livreriez-vous à la jeune femme de 20 ans que vous étiez?

Premièrement, je l’inviterais à boire un verre de chardonnay! Ensuite, je lui dirais : « Everything’s going to be alright! Rêve ta vie et vis tes rêves. »

Une citation qui vous inspire?

« She believed she could so she did. »

Quand vous voulez vousdétendre, que faites-vous?

Je fais du Pinterest! J’épingle des tableaux « home », « voyage », des fleurs et de la mode.

Quels sont les prochains défis et rêves que vous souhaitez réaliser?

En 2015-2016, après deux déménagements et un bébé, j’étais épuisée. J’ai choisi de me faire accompagner par un coach, Pierre-Hughes Geoffroy de chez Umanovo. Pierre-Hugues a une approche holistique. On travaille autant le corps que l’esprit. Il m’a amenée à méditer. J’ai appris à baisser mon niveau de culpabilité. Je fais des exercices de visualisation et j’apprécie le moment présent. En 2017, j’ai l’impression que c’est la meilleure année de ma vie. Mon cheminement semble porter fruit.

J’ai une opportunité d’affaires exceptionnelle avec mes nouvelles fonctions chez Solisco. J’ai envie d’exploiter davantage le marché américain. Avec MAISON 1608, je veux développer les synergies potentielles dans nos clientèles. Mais surtout, je veux garder le cap et continuer de croire que les valeurs peuvent mener les affaires plutôt que l’inverse.

Enfin, je veux m’assurer du bonheur de mes enfants et qu’ils aient le meilleur pour grandir, vivre leurs rêves et leur inculquer que tout est possible.

Sujets: Ambassadrices

Lire, découvrir et partager: Les 5 grands rêves de vie

Les 5 grands rêves de vie. Les secrets du plus grand des leaders, un livre unique et magnifique, qui nous invite à découvrir notre raison d’être à travers notre vie professionnelle. Les principes développés dans ce manuscrit, un des livres majeurs dans l’œuvre de John P. Strelecky, ont changé la vie de milliers de personnes qui les ont appliqués tant dans leur vie personnelle que dans leur vie professionnelle. Peu importe qui vous êtes ou ce que vous faites, ce livre changera à jamais votre vision de la vie et du travail.

Livre disponible aux éditions Le Dauphin blanc.

Sujets: Santé Globale

Hydratation et énergie cérébrale

Saviez-vous que la déshydratation affecte l’énergie cérébrale, réduit la concentration et provoque des maux de tête?

Au bureau, ayez à portée de main une bouteille « coup de cœur » et une belle tasse pour les tisanes. L’habitude de boire entre les repas s’installe en douceur. Ajoutez, si vous le souhaitez, des rondelles de citron, des feuilles de menthe, de basilic ou de romarin. Pensez également à la boîte à lunch des enfants. Pour semer et cultiver de nouvelles connaissances, il est essentiel de bien s’hydrater.

Protégeons ensemble l’environnement en privilégiant les contenants réutilisables!

Sujets: Santé Globale

Le sens du travail chez les Augustines

Le travail est une notion qui se comprend et qui se vit de plusieurs façons, dépendamment du lieu et de l’époque où on se situe. En communauté religieuse, le travail fait partie intégrante des activités quotidiennes – notamment pour assurer une survie financière ou encore pour éviter l’oisiveté, dont il faut s’éloigner. En ce qui concerne les groupes dotés d’une vocation sociale, comme les Augustines de la Miséricorde de Jésus, le travail est au cœur même de leur mission, de leur raison d’être. Que l’on soit du côté du monastère ou de l’hôpital, la bonne cohésion organisationnelle des Augustines est possible grâce à un ensemble de règles qui encadre la réalisation de chaque fonction (à portée temporelle ou spirituelle). Cet article propose de mettre en lumière la conception du travail chez les Augustines et les raisons qui motivent encore aujourd’hui leur œuvre.

Page couverture des Constitutions de la Congrégation des Religieuses Hospitalières de la Miséricorde de Jésus de l’Ordre de Saint Augustin,1666.
© Archives du Monastère des Augustines

Une organisation encadrée par des règles

La vie communautaire des Augustines de la Miséricorde de Jésus a toujours été encadrée et régie par différents textes. Ces derniers visent encore aujourd’hui autant les activités ordinaires que les activités religieuses quotidiennes. L’ensemble des textes concerne aussi chaque étape du processus qui mène à l’entrée officielle de la femme en communauté, du postulat jusqu’à la profession perpétuelle, voire jusqu’au décès même des religieuses. On compte parmi ces textes la règle de saint Augustin, les Constitutions, les règlements, le directoire et le cérémonial. Les deux premiers sont fondamentaux pour la compréhension de l’organisation de la communauté et le sens que prend le travail chez les religieuses.

La règle de saint Augustin et la recherche d’une vie heureuse

La règle de saint Augustin tient une place importante chez les Augustines; elles y tirent non seulement leur nom, mais aussi l’inspiration d’un idéal de vie communautaire et fraternelle. La règle situe d’ailleurs leur spiritualité dans une visée apostolique catholique. Cette courte œuvre[1] n’est donc pas une règle au sens législatif du terme (Rousseau, 1989 : 314-315). Toutefois, on y trouve les principes fondamentaux de l’œuvre des Augustines, à savoir l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Pour mieux comprendre le paradigme philosophique et théologique dans lequel œuvrent les Augustines, il est nécessaire d’élargir notre compréhension de l’idéal de vie à atteindre, tel que proposé par l’évêque de Nippone.

Chez saint Augustin, la vie bonne est possible lorsque toute chose est utilisée comme moyen et non comme une fin dernière, pour elle-même, comme serait le cas de manger par pure gourmandise et non par besoin biologique – dans ses Confessions, Augustin parlera du besoin de se nourrir en termes de « médicaments », indispensables pour notre corps[2]. L’objectif, pour une vie heureuse, est d’utiliser les créatures, les objets et les activités terrestres comme des moyens de se rapprocher de Dieu (Koch, 2010 : 27-28). Augustin distinguera d’ailleurs deux classes d’objets, l’un permet la jouissance et l’autre l’utilité (frui et uti en latin). La jouissance est possible lorsqu’on aime une chose pour elle-même (ce qui est négatif dans le présent contexte), et on parlera d’utilité lorsqu’une chose « […] est la jonction nécessaire pour la compréhension d’objets immatériels, éternels et spirituels » (Nadeau, 2009 : 50). Cette compréhension du divin est une finalité en soi qui se doit d’être recherchée. Le travail des Augustines s’inscrit d’ailleurs dans cette compréhension.

Dans la règle de saint Augustin, que suivent toujours les Augustines, on peut comprendre que ce but à atteindre, c’est-à-dire le bonheur, n’est possible que par la connaissance de Dieu et par la foi en ce dernier. La soif du bonheur chrétien ne peut être comblée que par cela. Dès lors, la charité, notion théologique qui a été abordée dans un autre article, représente le moyen privilégié pour accéder à cette connaissance et à cet amour de Dieu. La vie et le travail des religieuses s’inscrivent donc dans ce paradigme philosophique et théologique. Quant aux Constitutions, elles offrent un cadre concret et pratique à la juste réalisation du quotidien de la communauté, mais aussi à la possibilité de la vie heureuse réalisable par l’union à Dieu.

Auteur inconnu, La vision de saint Augustin
18e siècle, huile sur toile
© Collections du Monastère des Augustines, Hôtel-Dieu de Québec

Les Constitutions, moyens pour atteindre le salut

Si les enseignements de saint Augustin proposent un idéal de vie à atteindre – où la vie fraternelle  et ses finalités permettent de tendre vers l’union à Dieu –, les Constitutions représentent les moyens pratiques, utiles, à mettre en place pour y accéder. Elles les circonscrivent sous forme de règles, afin de parvenir aux buts de l’Institut qui peuvent se résumer en un « pur Amour de Dieu » et un « parfait Amour du Prochain » (Rousseau, 1989 : 315-318).

L’édition des années 1920 des Constitutions se décline en plusieurs parties et offre notamment les principes qui permettent de s’éloigner de la simple jouissance (telle que présentée plus haut) pour se consacrer à l’œuvre de miséricorde. Les vertus de pauvreté, de chasteté et d’obéissance introduisent et orientent l’ensemble des devoirs et des obligations communautaires. Résumons brièvement ces vertus, qui sont aussi les vœux que les religieuses signent lors de la profession temporaire et de la profession perpétuelle.

L’exercice de trois vertus

La pauvreté, nous dit François Rousseau, repose sur l’idéal de la pauvreté du Christ, selon lequel la possession et le désir des choses sont à proscrire. Il ne faut ni aimer, ni s’attacher à rien. De là découle l’usage commun des choses. Ces dernières sont considérées comme des emprunts au Christ. La communauté possède tout et distribue selon les besoins. Autrefois, les possessions, comme les vêtements, les croix, les chapelets, etc., étaient retirées généralement une fois par année et distribuées à nouveau. Les chambres étaient aussi très sobres et si la Mère supérieure le décidait, une rotation pouvait avoir lieu. Les religieuses changeaient alors de chambre et la seule chose qu’elles gardaient était la literie. Cette vertu de pauvreté, compris selon la distinction augustinienne frui et uti, fait en sorte que tout objet n’est qu’utilité pour en arriver à la connaissance du divin.

La vertu de la chasteté est en continuité avec celle de la pauvreté (si ce n’est pas de la chasteté que découlent les deux autres vœux); s’il ne faut s’attacher à aucun bien, il faut aussi garder les sens avec diligence et s’assurer de la pureté du corps et de l’âme. Il est nécessaire de rebuter tout ce qui se présente aux sens et qui va à l’encontre de cette idée de pureté, d’où l’importance, entre autres, de la continence. En restant chaste, la religieuse s’engage envers Dieu, que pour lui, et ce, dans une communauté religieuse fraternelle.

La vertu de l’obéissance se décline en deux éléments. Premièrement, la religieuse s’engage à exécuter ce qui est commandé. Deuxièmement, elle soumet son jugement et sa volonté à ceux de la Mère supérieure, « se persuadant que ce qu’elle commande, ou autre par son autorité, est comme une Ordonnance divine » (Constitutions citées par Rousseau, 1989 : 317). Par cette notion d’obéissance, on perçoit encore une fois cet abandon ou cette distanciation idéale de toute chose. Rien ne nous appartient et, de plus, il est nécessaire de suivre les décisions de la Mère supérieure, elle-même soumise aux buts finaux de la communauté que sont l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Dans l’ensemble, ces vertus de pauvreté, de chasteté et d’obéissance représentent les fondements sur lesquels les Constitutions reposent; ils indiquent à la communauté comment vivre et se comporterAutrefois, la règle de la clôture offrait le cadre propice à cette quête de l’amour de Dieu, qui n’est possible qu’en s’éloignant de soi-même et des choses n’offrant pas la vie heureuse au sens augustinien du terme.

Vœux de profession de sœur Sainte-Cécile, 16 juillet 1711
© Archives du Monastère des Augustines
Fonds Monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec

Un travail régit au son de la cloche

Les règles suivies par les Augustines offrent un cadre organisateur du quotidien, et ce, autant pour la vie communautaire que pour le travail hospitalier[3]. Par exemple, en 1850, la journée normale débute par le lever à 4 h du matin et se termine à 20 h 45. Le tout au son des cloches. Le quotidien est entrecoupé de plusieurs activités religieuses (oraisons, méditations, prières, messe, angélus, récitations du chapelet, etc.) et de travail à l’hôpital, dépendamment des fonctions respectives à chacune.

Dans les Constitutions de 1923, on peut lire différentes choses sur le bon déroulement au sein de l’Institut; il y est question, par exemple, de l’attitude à avoir auprès des malades, des devoirs envers les sœurs décédées et même des procédures pour la prise de décisions importantes et pour des élections. D’ailleurs, les postes importants sont élus, comme celui de la Mère supérieure, en suivant des principes de démocratie limitée (seul un certain nombre de religieuses avait autrefois le droit de vote; cela est bien différent aujourd’hui), tandis que d’autres postes sont nommés par les instances supérieures.

Jadis, chacune des fonctions au monastère possédait ses propres règles qui dictaient les normes à respecter. Nous pensons notamment à la règle de l’apothicairesse ou à celle de la boulangère.

Rappelons que l’existence de ces règles permettait et permet toujours de régir la vie religieuse dans le paradigme de la recherche de l’union à Dieu. Ainsi, les normes du travail des Augustines s’inscrivent dans une philosophie de vie précise. Il ne s’agit pas de régir que dans l’optique de contrôler les individus. Au contraire, l’encadrement de la communauté se fait dans l’esprit d’une quête d’un certain idéal de vie évidemment religieux.

Travailler pour le bonheur 

Le travail des Augustines n’a jamais été qu’un simple boulot; il s’agit plutôt d’un sacrifice de soi inscrit dans une certaine vision du monde. Cette vision donne sens à la raison d’être des religieuses. Une augustine travaille pour sa communauté, pour les malades, pour Dieu, mais aussi pour elle-même; elle œuvre pour son propre salut qui aide aussi pour celui des autres. Il s’agit d’une adhérence à un sens de la vie dont le bonheur est la finalité ultime; un bonheur, nous le rappelons, qui ne vise pas la jouissance des choses pour ce qu’elles sont, mais qui vise la connaissance et l’amour de Dieu.

On réalise ainsi que le sens que l’on donne soi-même au travail peut dépendre de celui donné à la vie. Il est toujours bon de se questionner sur ses propres motivations. Que l’on soit croyant ou non, la façon des Augustines d’être dans le monde a le mérite d’inspirer une certaine réflexion quant aux raisons qui nous poussent à faire nous-même ce sacrifice. Quitte à revoir notre rapport au travail ainsi qu’à modifier notre mode de vie et notre vision qu’on se fait de cette dernière.

Références

François Rousseau, L’œuvre de chère en Nouvelle-France. Le régime des malades à l’Hôtel-Dieu de Québec, Québec : Les Presses de l’Université Laval, 1984, p. 313-326.

Isabelle Koch, « Augustin et l’usage du monde », Cahiers philosophiques 2010/2 (no 122), p. 21-42.

Christian Nadeau, Le vocabulaire de saint Augustin, Paris, Éditions Ellipses,


[1] On parle d’un texte d’une longueur de moins de 30 pages dans un petit format de livre de poche.

[2] Voir Confessions, livre X, 44.

[3] Les Augustines suivent encore aujourd’hui la même série de règles que par le passé. Toutefois, leur contenu (et leur rigidité) s’est transformé principalement au XXe siècle. Par exemple, les Constitutions n’ont pratiquement pas changé depuis 1666, mais quelques modifications mineures ont eu lieu dans les années 1920. Le tournant majeur en matière de changements suit le concile Vatican II, en 1965, ce qui a notamment permis aux sœurs de retirer la règle du cloître. La dernière édition des Constitutions date de 2008.

Sujets: Culture

Les Augustines recrutent! – Installation temporaire

Tout comme pour la rentrée scolaire, l’entrée en communauté s’accompagne d’une préparation matérielle. Une liste des biens nécessaires est fournie à la jeune fille avant son arrivée au monastère, lui permettant de préparer le trousseau qu’elle transportera dans sa « valise du couvent », généralement un coffre.

Des items de literie, un couvert de table, les livres nécessaires à l’étude spirituelle, un panier à ouvrage, le nécessaire pour écrire et plusieurs pièces de vêtements figurent parmi cette liste.

À ces considérations matérielles s’ajoute une préparation spirituelle. Différents feuillets promotionnels et livrets de correspondance informent les jeunes filles intéressées à la vie religieuses et fournissent un accompagnement à leur démarche.

Chez les Augustines, l’entrée en communauté peut s’effectuer à deux moments dans l’année, en mai ou en septembre. Une fois son admission effectuée, la jeune fille sera postulante pour une durée d’un an, au cours duquel elle fera l’apprentissage de la vie religieuse en communauté.

Tout au long des mois de septembre et octobre 2017, nous vous invitons à venir découvrir quelques pièces de collection et documents d’archives spécialement sélectionnés sur le thème du recrutement et de l’entrée en communauté.

Fer à craquer utilisé pour plisser la bande de tissu blanc sur les coiffes des postulantes
1ère moitié du 20e siècle
Métal, bois, plastique et fibres
© Collections du Monastère des Augustines, Hôtel-Dieu de Québec

Sujets: Offres et nouvellesCulture