La fabrication de fleurs artificielles chez les Augustines

Symbole de renaissance de la nature, les fleurs sont associées au retour du soleil et de la saison printanière. En ce pays où la saison chaude est de courte durée, l’imitation des fleurs naturelles est rapidement l’option privilégiée pour égayer les décors intérieurs, cimetières et autels.

Chez les Augustines, les religieuses fabriquent des fleurs artificielles dès le 17e siècle. Vendues à l’extérieur du cloître, les fleurs en tissu peuvent même améliorer les finances de la communauté. Au-delà de la nécessité budgétaire, les Augustines expriment leur sentiment de vénération, d’adoration et de louange, par la décoration de leurs autels avec des fleurs et des ornements.

Bouquet de fleurs artificielles, 20e siècle
Collection du Monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec

Sœur Renée Boulic de la Nativité, arrivée au Monastère en 1654, quinze ans seulement après la fondation de la communauté en Nouvelle-France, est la première à pratiquer cet art. Quelques années plus tard, en 1678, l’atelier de fleurs artificielles, ou la « bouquetterie » comme on le désignait alors, est confié à une Canadienne, Sœur Juchereau de Saint-Ignace. Suivant d’abord les traces de sa prédécesseure, elle renouvelle rapidement la forme et perfectionne la manière de préparer les fleurs. Sœur Juchereau et ses compagnes usent de créativité et vont même jusqu’à inventer de nouvelles méthodes de teinture, rendant les fleurs artificielles de plus en plus naturelles. Dès lors, les Augustines reçoivent des commandes provenant de partout au Canada, de l’Angleterre et de la France. Leur production devient si populaire qu’elles ne sont plus en mesure de répondre à toutes les demandes. Cet art s’est transmis d’une génération à l’autre de religieuses, jusqu’au 20e siècle.

Une collection impressionnante de fleurs artificielles et d’outils employés pour leur fabrication est conservée au Monastère des Augustines, témoignant du perfectionnement de cet art au fil des siècles. Quelques-uns de ces trésors sont présentés dans l’exposition permanente du Musée du Monastère des Augustines.

Gaufroir pour fleurs artificielles, 19e siècle
Collection du Monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec; classé bien historique