Les fondatrices augustines en Nouvelle-France

Quelques mots sur ces pionnières intrépides…

En cette 379e année d’existence, il convient de rappeler les origines et le parcours des trois fondatrices augustines du Monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec. Ces trois jeunes femmes, vivant alors à l’ombre du cloître de Dieppe, ont démontré un courage sans faille lorsqu’elles ont accosté dans un pays lointain et sauvage, qui leur était totalement inconnu, après trois longs mois de traversée en mer.

Détails d’une peinture de sœur Sainte-Marie, « Arrivée des Hospitalières à Québec », 1922.
© Collections du Monastère des Augustines

 

Marie Guenet, jeune Rouennaise de 29 ans, avait fait profession à Dieppe en 1626 avant de s’embarquer pour la Nouvelle-France en 1639. Connue sous le nom de sœur Saint-Ignace, elle est nommée Supérieure de L’Hôtel-Dieu de Québec et décède en 1646, à l’âge de 36 ans, au moment même où ses consœurs s’installent dans le tout nouveau monastère. Sa notice biographique exprime bien son zèle envers les pauvres : « Dès sa première jeunesse, demeurant encore en la maison de son père, elle ne pouvait voir un pauvre sans en avoir compassion et sans un violent désir de l’assister; elle importunait sans cesse ses parents de leur faire l’aumône ».

Anne Le Cointre, également Rouennaise, est âgée de 28 ans quand elle s’embarque pour le nouveau monde. Elle était entrée au monastère de Dieppe en 1628, sous le vocable de sœur Saint-Bernard. Elle s’éteint en 1679, à l’âge de 68 ans, après avoir passé 40 ans à soigner les malades à l’hôpital et à voir évoluer la colonie française : « Dieu la destinait pour faire de riches conquêtes pour l’éternité, tant parmi les sauvages malades que parmi les Français […] pour y mieux réussir, elle apprit la langue algonquine dont elle se servait très bien pour les instruire de nos sacrés mystères ».

Marie Forestier, jeune Dieppoise, est née vers 1615 et entre au monastère en 1632, sous le nom de sœur Saint-Bonaventure de Jésus. Elle décède à Québec en 1698. Devant les épidémies de petite vérole et de scorbut qui frappent régulièrement la colonie, elle travaille au chevet des malades avec un zèle infatigable : « Elle poussait la charité jusqu’à se priver de tout ce qu’on lui donnait à ses repas demandant la permission d’en faire la meilleure part aux malades de l’hôpital ce que je lui ai vu pratiquer encore fort souvent outre le travail corporel qu’elle prenait pour les soulager dans leurs maladies ».

Première page d’une copie du contrat de fondation de l’Hôtel-Dieu de Québec par la Duchesse D’aiguillon, première bienfaitrice des Augustines en Nouvelle-France. L’intégral du document est disponible pour consultation sur le site des Archives.
© Collections du Monastère des Augustines

 

Le 1er août 1639, l’arrivée des religieuses augustines à Québec a semé l’émoi au sein de la population. Les Jésuites le racontent fort bien : « Tout le monde regardait ce spectacle dans un silence : on voyait sortir d’une prison flottante ces vierges consacrées à Dieu, aussi fraîches et aussi vermeilles, que quand elles partirent de leur maison, tout l’Océan avec ses îlots et ses tempêtes n’ayant pas altéré un seul petit brin de leur santé ».

Le formidable legs du patrimoine des Augustines, et l’ouverture du Monastère des Augustines au public le 1er août 2015, a certainement généré le même type d’émoi… à quelques siècles d’intervalle!