Portrait d’ambassadrice : Danielle Harvey

Le Cercle des ambassadrices du Monastère des Augustines est un réseau de femmes accomplies, qui désirent contribuer à assurer la pérennité et la mise en valeur du patrimoine des Augustines, soutenir la mission sociale de mieux-être des individus, et faire rayonner l’offre du Monastère auprès des membres de leur entourage.

 

Quel est votre parcours professionnel?

Pour vous parler de mon parcours professionnel, je dois d’abord vous parler de mon cheminement personnel. Je ne peux pas prétendre que j’ai toujours su ce que j’allais faire. Ce sont plutôt mes expériences qui ont construit mon parcours. J’étais jeune et je rêvais déjà de partir découvrir le monde. À 18 ans, j’ai quitté la maison familiale, j’ai abandonné mes études et je suis partie à la conquête de la vie. J’ai célébré mon 19e anniversaire à Banff, en Alberta. J’ai travaillé dans des restaurants, des boutiques, des hôtels, des endroits où je pouvais échanger avec les clients qui venaient de partout. Ces expériences m’ont permis de connaître de nouvelles cultures et d’alimenter encore plus ma soif de voyage. Dès que j’avais un petit surplus d’argent, je voyageais. On pourrait dire que je vivais une vie de bohème.

Quelques années plus tard, je suis allée m’installer en Europe, plus précisément en Irlande. Je cherchais ma voie parsemée de hauts et de bas tout comme les collines verdoyantes de mon pays d’accueil. Ma vie a pris un tournant inattendu avec l’arrivée de mon plus grand bonheur : mon garçon! Je savais enfin ce que je voulais faire : je voulais offrir une belle vie à mon fils.

C’est à ce moment que j’ai décidé de retourner aux études et que j’ai obtenu le titre de CPA, CMA [ndlr : comptable professionnel agréé,  comptable en management accrédité] à 30 ans. J’étais comptable, mais seule derrière un bureau. C’est alors que j’ai réalisé à quel point j’avais besoin des gens dans ma vie. J’ai donc décidé de me tourner vers l’enseignement dans mon domaine. J’ai enseigné au cégep, j’ai été chargée de cours à l’UQAM et c’est là que j’ai rencontré des gens de la Caisse populaire Desjardins et de la Banque Nationale qui m’ont offert un poste aux services aux entreprises. Étant fille d’entrepreneur, ça prenait tout son sens.

Après avoir fait le tour du jardin en financement transactionnel bancaire, j’avais envie de plus de créativité, d’un emploi où je pouvais prendre plus de risques. J’ai donc décidé de faire du capital de risque! J’étais devenue « entrepreneure pour les banquiers ». C’était fascinant de rencontrer tous ces gens passionnés, les yeux brillants, qui présentaient leurs idées avec fierté.

Depuis quatre ans, je suis de retour à la Banque Nationale, pour prendre en charge le portefeuille de l’est du Québec pour le Groupe des comptes nationaux – Gouvernement et secteur public. J’adore tout autant cette clientèle. Elle doit innover, s’adapter rapidement aux changements afin de donner les meilleurs services à la population. Je rencontre des gens très dévoués et impliqués dans leur travail. Je suis étonnée de la qualité des professionnels avec qui je fais affaire, c’est rassurant pour notre avenir.

Qu’est-ce qui vous touche dans l’offre du Monastère et qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir ambassadrice?

J’avais deux grand-tantes qui étaient sœurs augustines au monastère de Chicoutimi. Lorsque j’étais petite, j’allais les visiter et je me faisais une joie d’essayer de piquer une course dans le corridor et lorsque j’étais sage, j’étais récompensée avec des retailles d’hosties! Mon souvenir d’elles était la sérénité et la joie qu’elles dégageaient. Chaque fois, elles nous accueillaient avec bonheur et nous parlaient du monastère avec amour et fierté.

Lorsque j’ai appris que mon poste me permettait de m’occuper du projet de restauration du monastère), j’ai été très touchée et envahie de beaux souvenirs. Ce fut un privilège pour moi d’assister à cette reconstruction. C’était impressionnant de constater l’éthique, l’entraide et l’engagement de tous les professionnels impliqués. La première directrice générale de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, Marie Rubsteck, pour qui j’ai un grand respect et beaucoup d’admiration, menait le projet d’une main de maître. Lorsqu’elle m’a approchée pour être ambassadrice, ce fut naturel pour moi d’accepter et même un honneur!

Je trouve tellement important de faire connaître le Monastère et de relayer l’histoire des Augustines. Ce qu’elles ont bâti, comment elles ont contribué à l’évolution de la médecine. Elles soignaient au-delà des corps, puisqu’elles prenaient aussi soin des âmes. Le musée nous fait bien comprendre tout l’impact qu’elles ont eu auprès des malades, des familles et des enfants. Ça me touche beaucoup de savoir que leur histoire ne sera pas oubliée. Après tout, c’est notre histoire.

De plus, grâce au Monastère, on n’a pas besoin d’aller en Californie pour vivre une expérience de ressourcement en santé globale hors du commun! J’ai eu le bonheur de passer un weekend avec mon conjoint, et nous avons complètement décroché, on avait l’impression d’être en voyage dans notre propre ville! Ce fut un moment privilégié où nous étions en pleine conscience de notre vie, de notre couple, de nos corps physiques et spirituels.

Qu’est-ce que pour vous le don et quelle est votre implication philanthropique?

J’ai eu la chance d’être aidée durant des moments critiques de ma jeune vie d’adulte. Consciente de ma chance, donner au suivant fait partie de mes valeurs. Puisque ma force est la finance, j’ai mis mon expertise professionnelle au service de différents organismes ou causes qui en avaient besoin. J’ai commencé avec la garderie de mon fils, ensuite avec l’Hôpital de Baie-Saint-Paul, puis en arrivant dans la région de Québec, je me suis engagée auprès des femmes de carrière, la corporation des CMA au niveau régional et provincial qui est devenue l’Ordre des CPA. J’ai eu la chance de m’impliquer dans les campagnes Centraide; je fais partie du conseil d’administration du YWCA; j’ai donc contribué à la campagne pour le beau projet de reconstruction. J’ai donné des cours pour le programme « Leaders et décisionnelles » qui forme et encourage les femmes à devenir membres de conseils d’administration. Contribuer à l’autonomie des femmes sous toutes ces formes me touche. Je crois que donner au suivant est une des clés du bonheur.

Quel a été le moment le plus marquant de votre vie?

L’arrivée de mon fils! En plus d’être ma grande fierté, c’est lui qui m’a fait réaliser que je pouvais faire quelque chose de merveilleux. Aujourd’hui mon fils est lui-même papa d’un magnifique garçon de 7 mois. Voir ce bébé, cette continuité, notre avenir, c’est le plus beau cadeau que la vie puisse me donner.

Qu’est-ce qui vous passionne?

La musique, tout particulièrement le jazz. J’ai joué de la flûte traversière presque dix ans et j’ai fait des percussions pendant quatre ans dans un groupe de tambours et clairons. Profiter sainement de la vie, voyager, vivre de nouvelles expériences, j’aime le plein air, le ski, le vélo, manger sainement, somme toute, prendre soin de mon bien-être me passionne.

Si vous pouviez retourner dans le passé, quel message livreriez-vous à la jeune femme de 20 ans que vous étiez?

Aime-toi, accepte-toi et fais confiance aux bonnes personnes. On peut choisir nos amis et les bonnes personnes pour en faire notre famille. La vie est belle, et le paradis est peut-être ici aussi. Il faut profiter de notre vie et l’apprécier pleinement.

Une citation qui vous inspire?

« Un esprit sain dans un corps sain », mais j’aime bien aussi « Ceux qui ont fait du vélo savent que dans la vie rien n’est jamais plat ».

Que faites-vous pour vous détendre?

Mon amoureux et moi avons trouvé notre petit coin de paradis sur le bord d’un beau lac très sain et naturel. On aime être dans le bois, dans la nature, que ce soit pour marcher en montagne, faire du vélo, de la raquette, du ski, jouer dehors, respirer et savourer la vie.

Quels sont vos prochains défis?

Mon prochain défi consiste à préparer ce qui me semble être la dernière étape de ma vie : ma retraite. Ça me fait peur d’arrêter de faire ce que j’aime. Mon travail compte beaucoup pour moi puisque, en plus de la fierté ressentie des projets accomplis, j’ai rencontré tellement de belles personnes à travers mes emplois. En y réfléchissant, je réalise que ce n’est peut-être pas la dernière étape de ma vie, mais plutôt un nouveau chapitre. Celui où je pourrai me consacrer encore plus aux gens. Je serai encore plus disponible pour faire du bénévolat, je pourrai prendre le temps de voir grandir mon petit-fils, être là pour mon fils et pour mon précieux conjoint qui me le rend si bien. Finalement, je vais prendre soin de moi et de mon entourage, garder un équilibre dans les différents aspects de ma vie et apprécier tous les petits bonheurs. Je veux être pleinement consciente des privilèges et des cadeaux que la vie m’apporte. Le Monastère va certainement faire partie de cette étape.