L’adaptation et les niveaux de stress

Qui peut affirmer ne jamais avoir vécu de stress ou de difficulté d’adaptation au cours de sa vie ? Qui ne s’inquiète pas en ce moment pour un proche qui vit une période de stress ? Adaptation et stress sont deux mots qui prennent tout leur sens en cette période de pandémie où chaque être humain doit faire face à de nouveaux défis. Le Modèle Intégratif-Intervention (MII) s’est penché sur ces deux sujets. Voici ce qu’il en ressort.

L’adaptation

Lorsqu’une personne fait face à une situation nouvelle, elle doit s’adapter, c’est-à-dire maintenir son équilibre de vie malgré la nouveauté et le stress que la situation engendre. Les actions et les moyens mis en place pour composer avec la nouvelle réalité sont appelés « mécanismes d’adaptation ». L’apprentissage de ces mécanismes s’effectue le plus souvent dans la famille et dans l’entourage immédiat de la personne concernée par le changement, mais cette dernière peut aussi s’appuyer sur ses expériences de vie et celles d’autres personnes ayant vécu un événement semblable. L’apprentissage par modeling (apprendre de l’expérience des autres) est un des moyens dont dispose l’humain pour évoluer. Nous pouvons donc en déduire que varier les moyens et les mécanismes d’adaptation maximise la capacité d’adaptation humaine aux différents stress susceptibles de survenir au cours d’une vie. À l’inverse, une pénurie de moyens et une surutilisation des mêmes mécanismes maintiennent (ou aggravent) le stress déjà présent. Le partage d’expériences est d’ailleurs la force des groupes d’entraide qui ont fait leurs preuves au fil du temps.

Les 4 niveaux de stress

Que se passe-t-il lorsqu’un ou plusieurs événements stressants surviennent ? Comment une personne peut-elle composer avec ces nouveaux défis ? Une partie de la réponse à ces questions réside dans la compréhension des niveaux de stress tels que définis par le MII.

  • Niveau 1 : La personne dispose de temps et de soutien pour se sentir en équilibre malgré les événements stressants. Les priorités sont en place, les besoins sont comblés et la personne est en harmonie avec ses valeurs. Celle-ci donne un sens à son quotidien et ressent du plaisir à donner aux autres. Les mécanismes d’adaptation utilisés sont suffisants pour composer avec la situation et maintenir l’équilibre. Bref, le soutien est proportionnel aux défis.
  • Niveau 2 : La personne parvient à tolérer le stress en variant les mécanismes d’adaptation. Elle offre de la tendresse aux gens de son entourage tout en faisant face à ses défis. Elle s’exprime au moment opportun et ses communications avec les autres sont harmonieuses.
  • Niveau 3 : La personne ne dispose pas du soutien nécessaire pour faire face aux défis et elle a tendance à surutiliser les mêmes mécanismes d’adaptation. Elle souffre et ressent de l’anxiété et du stress. Elle a de moins en moins de plaisir, perd son sens de l’humour et donne plus aux autres qu’elle ne reçoit. Son entourage s’inquiète pour elle. Dans un cas pareil, il est recommandé à la personne d’aller chercher de l’aide auprès de sa famille, de ses amis et même d’un réseau social plus élargi, afin de prévenir l’aggravation des symptômes, d’éviter l’épuisement et de favoriser la mise en œuvre d’actions permettant l’expérimentation de nouveaux mécanismes.
  • Niveau 4 : La personne vit beaucoup de souffrance, elle est épuisée et a tendance à s’isoler.  Les défis la dépassent, les mécanismes d’adaptation ne parviennent plus à apaiser sa souffrance et sa capacité de jugement est de moins en moins efficiente. Elle ne se sent pas appréciée des autres et éprouve elle-même de la difficulté à apprécier les gens de son entourage. Les besoins des autres perturbent son équilibre déjà précaire. Son état peut nécessiter des soins médicaux ainsi qu’un soutien professionnel afin qu’elle retrouve un équilibre de vie.

En somme, il est important pour tout être humain de se questionner afin de mesurer son niveau de stress et de prendre les moyens nécessaires pour maintenir ou recouvrer un équilibre de vie, car reconnaître et accepter sa vulnérabilité est un geste d’humilité qui ne peut qu’être bénéfique. Toute personne étant confrontée à des défis mérite un soutien proportionnel à la hauteur de ceux-ci.

Michelle Lefebvre, TS

Référence

LANGLOIS, Doris. Le modèle intégratif appliqué au monde de l’intervention: un univers à partager pour mieux aider… Document d’accompagnement. Québec, ISBN 978-2-9810372-2-0. Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009. Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2009. 198 pages. Site internet : www.modeleintegratif.com