Le journal intime, une pratique qui fait du bien

Et si on prenait dès aujourd’hui la résolution de s’accorder un peu de temps?  Écrire son journal intime, être tout simplement à travers les mots qu’on laisse couler sur le papier. Une activité millénaire dont les bienfaits sont aujourd’hui reconnus par la science.

Le journal intime, une pratique qui fait du bien
Le journal intime, une pratique qui fait du bien

Le journal intime d’hier à aujourd’hui

Remontant aussi loin que l’Antiquité, l’écriture du journal intime va se développer au Moyen Âge sous la forme des livres de raison (chronique domestique tenu par le chef de famille) et devenir un passe-temps pratiqué par des nombreux hommes et femmes à partir du  XVIII siècle.

Le journal intime, une pratique qui fait du bien

L’écriture du journal intime revient en vogue sous les traits du «journaling». Ce qui se cache sous cet anglicisme c’est tout simplement le geste de coucher sur papier ses activités, ses observations et surtout ses sentiments les plus intimes.

La pandémie qui sévit depuis près de deux ans n’est d’ailleurs pas étrangère au retour en force de cette activité qui nécessite peu d’investissement et qui permet à plusieurs de faire face aux temps incertains dans lesquelles nous vivons.

Les bienfaits du journal intime

Écrire ses pensées les plus secrètes, sans jugement et sans tabou comporte de nombreux avantages. Cette activité permet à celui qui se dévoile de se découvrir et de mieux se comprendre. 

Prendre la plume permet de clarifier ses pensées et émotions, de prendre du recul, de canaliser son stress, de gérer sa surcharge mentale et émotionnelle et, bénéfice non négligeable, de se souvenir de moments heureux.

Le journal intime, une pratique qui fait du bien

Écrire, c’est la santé

«L’acte d’écrire est bon pour la santé», c’est ce qu’affirme le chercheur en psychologie de l’Université de Californie (UCLA), Matthew Lieberman qui a mené plusieurs études sur le sujet.

Dans un article paru en 2007, Lieberman constate que le fait d’écrire ses sentiments diminue l’activité des centres amygdaliens qui est à l’origine de la peur, de la tristesse ou encore de la colère.

Même son de cloche du côté du renommé chercheur et psychologue de l’Université du Texas James Pennabaker dont les recherches ont démontré qu’écrire une vingtaine de minutes quotidiennement, durant quelques jours, sur des événements et des émotions intenses ou difficiles, renforçait le système immunitaire.

Pionnier en la matière, Pennabaker a développé, dans les années 80, l’écriture expressive, un outil thérapeutique qui consiste à écrire dans un journal ce que l’on ressent. Études à l’appui, il a démontré qu’écrire sur ses émotions permet de mieux les gérer. Les impacts positifs de cette pratique toucherait plusieurs aspects de la santé globale de l’individu, allant de la qualité du sommeil au renforcement du système immunitaire, en passant par l’amélioration des relations interpersonnelles.

Combiner le corps et l’esprit

Même si la pratique du journal intime ou du « journaling » peut se faire via de nombreuses applications, il est recommandé d’utiliser la bonne vieille méthode du «crayon/ papier». Pourquoi? Tout simplement parce que l’acte d’écrire engage le corps et l’esprit dans un même but, à l’instar de la méditation

J’ai envie d’essayer, comment procéder?

Le journal intime, une pratique qui fait du bien

1. Quelques règles simples :

  • Laisser venir les mots, écrire le plus sincèrement possible sans se soucier des ratures et des fautes d’orthographe.
  • Écrire rapidement afin de ne pas vous censurer.
  • Coucher sur papiers vos émotions, vos désarrois, vos angoisses et vos gratitudes.
  • N’hésitez pas à gribouiller dans votre journal si nécessaire.

2. Quelques sujets proposés

Vous pouvez évoquer tout les sujets qui vous passent par la tête, du déroulement de votre journée à vos questions existentielles. Vous avez peur de la page blanche? Voici quelques suggestions:

  • Imaginez-vous dans 5 ans. Que serez-vous devenu?
  • Écrivez une lettre à quelqu’un qui vous met en colère.
  • Parlez de vos sentiments, de vos peines.
  • Dressez une liste de ce qui vous rend heureux.
  • Décrivez-vous à l’âge de 5 ans, comment étiez-vous?
  • Que souhaitez-vous faire absolument avant de mourir?
  • Qu’auriez-vous voulu dire à un de vos proches avant qu’il ne meurt?
  • Écrivez un poème.
  • Rédigez quelques lignes sur votre première rencontre avec l’être aimé.
  • Souvenez-vous du plus beau moment de votre vie ou du plus triste.
  • Écrivez à chaque jour un moment heureux de votre journée.

3. Tirer pleinement profit de votre journal (ou du journaling)

  • Les premières semaines vous écrirez sans doute au sujet d’une multitude de choses, certaines importantes et d’autres beaucoup moins. Au bout d’un certain temps, relisez vos écrits afin d’évacuer l’inutile.
  • L’auto-analyse de votre journal est maintenant possible. Que retenez-vous? Quelles réflexions suscitent votre lecture? Prenez-vous conscience de certaines vérités?
  • Le bien-être apporté par le processus laisse toute la place à la compréhension de soi et à la créativité

Vous êtes maintenant prêts à plonger dans cette pratique qui suscite tellement d’engouement qu’il y a désormais un Festival du Journal Intime en France. Tous à vos crayons !

Clin d’œil à l’histoire

Un peu comme pour un journal intime, les Annales des Augustines rapportent les événements relatifs à la communauté en suivant un ordre chronologique. Au départ, écrites pour la communauté, ces annales nous permettent aujourd’hui de mieux connaitre la vie de ces religieuses et leur apport exceptionnel à la société québécoise.

Extrait des Annales du Monastère de Notre-Dame-des-Anges – Hôpital général de Québec, 1693, Québec, Le Monastère des Augustines, HG-A-13.14.1.1.1.