Les documents de recrutement des Augustines

La communauté des Augustines de la Miséricorde de Jésus, installée en Nouvelle-France en 1639, a vu ses effectifs évoluer au fil du temps. Par exemple, au monastère de L’Hôtel-Dieu de Québec, les religieuses arrivèrent en Nouvelle-France au nombre de trois. Un peu plus de trois siècles plus tard, elles étaient près de 225 âmes, incluant postulantes, novices et professes. Découvrez ci-bas quelques exemples de différents documents de recrutement des Augustines au travers des années.

L’importance du contexte sociohistorique et des besoins propres à chaque établissement

La question des effectifs a toujours été étroitement liée aux besoins ressentis dans chacun des établissements de santé qu’elles ont fondés, mais aussi au contexte sociohistorique dans lequel chacun de ces lieux s’est développé. Par exemple, à la fin du XIXe siècle s’amorce une « révolution hospitalière » avec la diversification et la spécialisation des soins de santé, ainsi que la naissance des soins infirmiers. Cela nécessite donc des effectifs plus considérables[1]. Au XXe siècle, plusieurs moyens sont ainsi mis en place pour recruter la main-d’œuvre nécessaire pour le bien-être des malades. La création et la distribution de dépliants et de brochures en font d’ailleurs partie.

Les documents que nous avons consultés datent principalement de la première moitié du XXe siècle. Ils montrent donc pour la plupart des augustines ou des postulantes à l’œuvre dans diverses facettes qu’implique la vie en communauté. À travers ces démonstrations, il y a la mise en valeur de l’épanouissement que permet ce choix de vie de devenir une augustine et de se dédier aux soins des pauvres et des malades.

L’utilisation de feuillets, dépliants et brochures promotionnelles

Une série de petits feuillets rudimentaires, visiblement créés à même le monastère de L’Hôtel-Dieu de Québec au début du XXe siècle, incite alors les jeunes lectrices à la vie religieuse. La poésie est de mise, comme en témoigne l’exemple ci-dessous. Les exemplaires en main sont thématiques et se présentent donc comme une correspondance; un d’entre eux propose d’ailleurs les conditions nécessaires à la vie religieuse, un autre parle de la dévotion à Dieu qu’implique la vie communautaire, etc. Chaque feuillet se termine par la mention suivante : « Informations : Au couvent de ton choix, ou au RR. Mères Hospitalières de L’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang de Québec. Avec la permission des Supérieurs. »

Les documents de recrutement des Augustines
Deux exemples de dépliants de « propagrande », destinés à recruter de jeunes filles à l’Hôtel-Dieu de Québec au début du XXe siècle. 
© Archives du Monastère des Augustines

Un dépliant, créé entre les années 1930 et 1950[2], montre l’intérieur du monastère, de la chapelle et de l’hôpital de L’Hôtel-Dieu de Québec. Le document est titré « Appel », suivi du sous-titre « Pourquoi ton rêve ne deviendrait-il pas réalité! ». La question de l’épanouissement est bien mise en valeur ici; l’appel de Dieu et le travail hospitalier sont présentés comme des buts que devaient partager bon nombre de jeunes filles à cette époque. Les Augustines proposent ainsi de pouvoir répondre à ce désir de vie consacrée par leur vocation sociale et apostolique.

Les documents de recrutement des Augustines
Dépliant promotionnel pour recruter de futures religieuses à l’Hôtel-Dieu de Québec, vers les années 1930-1950.
© Archives du Monastère des Augustines

Un autre exemple plus complet est une brochure promotionnelle de 1961. Elle servait à susciter l’intérêt des jeunes femmes pour l’Hôpital général de Québec. On y découvre d’ailleurs un petit historique de la communauté et beaucoup de photos, accompagnées de descriptions très succinctes. Les deux dernières pages (la brochure en contient 28!) sont plus directes quant à l’intention de recrutement. Elles mentionnent, entre autres, les conditions d’admission :

« La candidate au Noviciat de notre Monastère doit posséder l’un ou l’autre des signes de vocation religieuse : une âme ardente, un jugement droit, une assez bonne santé, un réel désir de servir Dieu et le prochain dans une vie religieuse à la fois active et contemplative.

La question financière n’est pas un obstacle. Quand Dieu appelle, rien ne peut arrêter une âme éprise de son amour. »

Les documents de recrutement des Augustines
La première de couverture d’une brochure de 28 pages servant à promouvoir le monastère de l’Hôpital Général, 1961.
© Archives du Monastère des Augustines 

Un dernier exemple, un dépliant édité durant la deuxième moitié du XXe siècle[3], pose la simple question « Veux-tu nous connaître? ». D’un côté du document figurent quelques photos d’éléments d’architecture du monastère de l’Hôpital général. De l’autre côté, trois éléments clés de la vie communautaire chez les Augustines sont présentés, soit la vie en communauté de prière, le partage fraternel et le service auprès des vieillards et des malades.

Les documents de recrutement des Augustines
Dépliant promotionnel pour recruter de futures religieuses à l’Hôpital Général de Québec, vers les années 1970.
© Archives du Monastère des Augustines

Un long processus

Pour terminer, mentionnons que le recrutement de postulantes ne se limite pas qu’à la distribution de documents promotionnels. Par ailleurs, les quelques exemples présentés ici sont partiels, et leur utilisation reste relativement récente dans l’histoire de la communauté. De plus, la promotion n’est qu’une des premières étapes pour attirer et ensuite former de futures religieuses. Le recrutement passe ainsi par tout un cheminement qui demande patience et dévouement.

Un texte d’Hugues St-Pierre et Sara Cossette-Blais

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Références

  • [1] François Rousseau, La croix et le scalpel. Histoire des Augustines et de l’Hôtel-Dieu de Québec, vol. II : 1892-1989, Sillery, Septentrion, p. 277.
  • [2] On y voit deux sections de l’hôpital, l’une construite dans les années 1890 et l’autre dans les années 1930. La première a été détruite pour faire place à la tour moderne, dans la deuxième moitié des années 1950.
  • [3] Les religieuses figurant sur les photographies portent le costume religieux actuel, qui date de la fin des années 1960.