Trouvaille du mois – Billet d’une enfant abandonnée

Tous les mois, les équipes de la Réserve muséale et du Centre d’archives du Monastère sélectionnent un objet parmi le riche patrimoine matériel légué par la communauté des Augustines. En vedette, ce mois-ci, un billet laissé avec un enfant abandonné à l’Hôtel-Dieu de Québec, en 1818.

Billet et ruban laissés avec une enfant nommée Gertrude Canut, née et reçue à l’Hôtel-Dieu de Québec, le 17 novembre 1818.
© Archives du Monastère des Augustines
Fonds Monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec (HDQ-F3-B1_1_35)

Entre les années 1800 et 1845, les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec ont été mandatées par le gouvernement du Québec pour recueillir les enfants abandonnés de la ville. Les parents qui se trouvaient dans l’impossibilité de pourvoir aux besoins d’un nouveau-né pouvaient le déposer dans le Tour, situé à l’entrée du parloir de la communauté.

La porte conventuelle et le tour du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec.
Photo Livernois, 1927.
© Archives du Monastère des Augustines
Fonds Monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec (HDQ-F1-N1,2_13_8)

Un billet était souvent laissé avec l’enfant pour spécifier la date de la naissance, le nom souhaité et l’intention de reprendre ou non la garde de l’enfant. Les religieuses ont tenu différents registres comme celui présenté ci-dessous, pour colliger l’information et conserver un suivi du placement des enfants ayant survécu, le taux de mortalité infantile étant très élevé à cette époque.

Page d’un registre de placement des enfants abandonnés, 19e siècle. On peut y voir le nom de Gertrude Canut, placée en famille le 1er mai 1825.
© Archives du Monastère des Augustines
Fonds du Monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec (HDQ-F3-C1_2_1)

Le billet mis en valeur dans cet article a un ruban de tissu pour permettre probablement aux parents d’identifier leur fille lorsqu’ils reviendraient la chercher. Toutefois, dans ce cas-ci personne ne vint quérir l’enfant. Gertrude Canut, née le 17 novembre 1818 et admise au tour le même jour, a été baptisée et placée chez une nourrice jusqu’au 1er janvier 1820.  Elle a ensuite été placée en famille d’accueil à Saint-Pierre, île d’Orléans chez Pierre Rosa. À partir de mai 1825, elle n’était plus à la charge du gouvernement.

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Pour en connaître plus sur le patrimoine des Augustines de la Miséricorde de Jésus, profitez d’une visite commentée au Musée du Monastère ou explorez sur le site Internet du Centre d’archives.

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