Un parti pris pour la simplicité au Monastère

Lors de la réhabilitation du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec, il y a eu un véritable consensus chez les artisans mobilisés au sujet du bâtiment; les ailes anciennes représentaient le premier élément à mettre de l’avant par les travaux. Naturellement, la mise en valeur du patrimoine bâti des Augustines a été orientée par les patrimoines immatériel, social et spirituel des Augustines.

L’héritage immatériel s’actualise, entre autres, par la manifestation de valeurs particulières. Les valeurs de simplicité auxquelles adhèrent les Augustines ont guidé, par exemple, les décisions d’aménagement des lieux et la muséologie. Au-delà des préoccupations et des enjeux disciplinaires, la simplicité et la sobriété sont devenues un des fondements conceptuels dans la multitude de décisions à prendre.

Globalement, le projet de réhabilitation du Monastère est à la base une gigantesque œuvre de transmission, où la mise en valeur du patrimoine connaît un traitement contemporain. Dans ce lieu hautement patrimonial, le contraste entre l’ancien et les nécessités de la modernité a trouvé tout son potentiel par des choix minimalistes et par des designs épurés. Voyons comment cela se décline au Monastère. 

Le Monastère

Le simple pouvoir d’évocation

Au Monastère, chaque meuble est soigneusement choisi avec une intention : habiter l’espace sans le surcharger, tout en donnant une « voix » au bâtiment. Avec une telle réflexion sur la question de l’espace, nous parlons d’une muséologie d’environnement, où le mobilier légué par les Augustines occupe les lieux en privilégiant un certain dépouillement qui conserve l’esprit des lieux. Nos visiteurs ne manquent pas de nous souligner comment la simplicité et la sobriété de l’aménagement des lieux ainsi que la mise en valeur des collections des Augustines génèrent un puissant pouvoir d’évocation. La sobriété du bâtiment et de son aménagement transmet naturellement nos intentions d’accueil et d’hospitalité.

Le Restaurant
Le Restaurant du Monastère est un bon exemple de muséologie d’environnement, où des chaises anciennes de la collection sont utilisées.

Se restaurer et dormir dans la modestie

Les espaces contemporains du Monastère, comme Le Restaurant et le hall d’entrée, rappellent la simplicité avec laquelle les Augustines habitaient et habitent toujours l’espace. Le Restaurant, par exemple, propose une ambiance sobre, mais chaleureuse, notamment par la présence de chaises anciennes (choisies directement de la collection du Monastère!) et par les reproductions de magnifiques photographies, tirées de nos archives.

Du côté de l’hôtellerie, nous avons choisi de conserver l’authenticité des chambres des Augustines de l’ancien cloître. Ces espaces meublés avec des pièces originales conservées pour usage, permettent de transmettre l’esprit des cellules des religieuses et surtout d’en conserver la simplicité tout en veillant au confort de nos invités. Dans ces chambres dites « authentiques », on trouve quelques meubles tirés directement de la collection du Monastère. Au niveau des chambres contemporaines, le mobilier est quant à lui de fabrication moderne, mais tout en concordance avec la simplicité et la réserve des chambres authentiques.

Chambre authentique au Monastère
Les chambres authentiques du Monastère proposent une expérience unique par son respect de l’esprit des lieux.

Garant de cette sobriété revisitée, lit simple, petit pupitre, chambre sans téléphone, sans télévision, sans décoration superflue, nous cherchons à offrir une expérience qui met l’accent sur un certain dépouillement qui, paradoxalement, engendre une expérience singulière d’hospitalité. Les visiteurs qui séjournent dans ces chambres authentiques témoignent de l’effet que cette sobriété a sur le repos physique et mental.

Cette photographie illustre la sobriété d’une cellule de religieuse de l’Hôtel-Dieu de Québec, vers 1917 (HDQ-F1-N1,2/5:3).
Fonds Monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec
© Archives du Monastère des Augustines

Héritier de la simplicité

Au Monastère, nous sommes à l’écoute des formes que peut prendre cette simplicité dans notre vie organisationnelle. Par exemple, en juin, notre Comité développement durable invite les employés à venir échanger leurs vêtements usagés entre collègues dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement. Voilà une façon d’endosser la simplicité volontaire dont les Augustines ont fait leur façon de vivre bien avant la tendance.

Claudine Papin
Conseillère en patrimoine social

Avec le soutien d’Ariane Blanchet-Robitaille, Conservatrice, et d’Hugues St-Pierre, Coordonnateur aux contenus numériques